En bref : depuis le 10 janvier 2026, les mareyeurs, grossistes et distributeurs doivent transmettre par voie électronique, à l'opérateur suivant, les informations minimales de traçabilité de chaque lot de produits de la pêche et de l'aquaculture. En attendant des normes détaillées, un simple courriel, ou un PDF joint, suffit. Un bon logiciel de mareyage enregistre ces informations dès la réception, les garde attachées au lot pendant le travail du poisson, les imprime sur une étiquette conforme et les envoie au client avec la livraison, sans les recopier à la main.
Qu'est-ce qui a changé le 10 janvier 2026 ?
Le règlement (UE) 2023/2842 a révisé le règlement de contrôle des pêches (CE) n° 1224/2009. D'après le ministère chargé de la mer, cette révision apporte deux changements majeurs pour la traçabilité : les systèmes de traçabilité des opérateurs doivent être numérisés, et les produits importés et transformés entrent dans le périmètre.
Concrètement, depuis le 10 janvier 2026, l'ensemble des opérateurs de la filière aval, mareyeurs, grossistes et distributeurs, doivent transmettre électroniquement les informations minimales de traçabilité prévues à l'article 58 révisé. Le ministère précise qu'en attendant des exigences détaillées sur les normes des systèmes numérisés, cette transmission prend la forme d'un courriel d'un opérateur au suivant, avec les informations dans le corps du message ou dans un PDF joint. Ces consignes sont susceptibles d'évoluer : une FAQ officielle explique comment renseigner chaque information, et elle sera révisée.
Autrement dit, la feuille papier glissée dans le colis ne suffit plus. Il faut que l'information parte par voie électronique, lot par lot.
Quelles informations doivent accompagner chaque lot ?
La liste du ministère reprend l'article 58, paragraphe 5. Pour un lot qui n'est pas importé, elle se résume ainsi :
| Information | Ce que cela veut dire pour vous |
|---|---|
| Numéro d'identification du lot | Le numéro que vous attribuez et qui suit le lot jusqu'au client |
| Identification de la marée ou du jour de pêche | Le ou les numéros uniques de sortie de pêche ou de jour de pêche (pour l'aquaculture : nom et numéro d'enregistrement de l'unité de production) |
| Code FAO alpha-3 et nom scientifique | Par exemple COD et Gadus morhua pour le cabillaud |
| Zone géographique | La zone de capture en mer, ou la zone de capture ou de production pour l'eau douce et l'aquaculture |
| Catégorie d'engin de pêche | Pour les produits de la pêche |
| Date(s) de capture ou de récolte | Une ou plusieurs dates |
| Quantité | En kilogrammes de poids net, ou en nombre d'individus |
| Sous-taille | Les quantités inférieures à la taille minimale de référence de conservation, à part |
| Normes de commercialisation | Les informations nécessaires pour les respecter, le cas échéant |
Pour les produits importés, les identifiants changent : numéro OMI ou autre identifiant unique du navire, et numéro de certificat de capture le cas échéant. Le détail figure dans la liste du ministère, en lien plus bas.
La DGCCRF rappelle de son côté que votre fournisseur doit aussi vous transmettre l'intégralité des informations destinées aux consommateurs, le nom et l'adresse des fournisseurs, et le fait que le produit a été congelé au préalable, le cas échéant.
Et l'étiquette destinée au consommateur ?
Les règles d'information du consommateur viennent du règlement (UE) n° 1379/2013. Pour les produits non transformés de la pêche et de l'aquaculture, la DGCCRF liste six mentions :
- la dénomination commerciale, telle qu'elle figure sur la liste des dénominations admises en France ;
- le nom scientifique ;
- la méthode de production : « pêché », « pêché en eaux douces » ou « élevé » ;
- la zone de pêche FAO ou le pays d'élevage ;
- la catégorie d'engin de pêche (« senne », « chalut », « filet maillant »…) ;
- la mention décongelé, le cas échéant, avec des exceptions, par exemple pour un ingrédient d'un plat composé.
Deux détails comptent pour le logiciel. Pour l'Atlantique Nord-Est (zone FAO 27) et la Méditerranée (zone FAO 37), il faut indiquer la sous-zone. Entre professionnels, une abréviation est admise si vous expliquez clairement les abréviations à votre client. Sur un produit préemballé, en revanche, la sous-zone doit être écrite en clair : « mer du Nord » plutôt que « 27-4 ». Votre système doit donc savoir produire les deux formes.
Ensuite, un produit décongelé doit l'indiquer deux fois : comme mention d'étiquetage au titre du règlement 1379/2013, et dans la dénomination de vente au titre du règlement 1169/2011, par exemple « saumon fumé décongelé ».
Ce qu'un bon logiciel de mareyage doit faire
Avec ces règles en tête, voici ce que nous attendrions de n'importe quel système, le nôtre compris :
- Saisir l'information une seule fois, à la réception. Le numéro de lot, le navire ou la marée, l'espèce, la zone, l'engin et la date de capture sont enregistrés quand le poisson arrive, idéalement depuis les données du fournisseur plutôt que tapés à la main.
- Garder le lot attaché au produit. Quand vous filetez, triez ou reconditionnez, chaque nouveau colis doit hériter des informations du lot d'origine, et le mélange de lots doit rester traçable.
- Peser sur une balance homologuée. Le poids net déclaré au client vient directement de la balance, pas d'une saisie.
- Imprimer une étiquette conforme. Dénomination admise, nom scientifique, méthode de production, sous-zone dans la bonne forme, engin, lot, poids, avec un code-barres que votre client peut scanner.
- Envoyer la traçabilité électroniquement. Aujourd'hui par courriel ou PDF, demain dans le format que fixeront les normes. Demandez comment le système suivra ce changement.
- Retrouver un lot en quelques minutes. En cas de contrôle, vous devez pouvoir dire d'où vient un lot et à qui il est parti.
Dix questions à poser à un éditeur
- Où sont saisies les informations de capture : à la réception, ou plus tard ?
- Le système importe-t-il les données de vos fournisseurs, ou faut-il tout retaper ?
- Comment un lot est-il suivi quand vous le transformez ou le mélangez ?
- La liste des dénominations commerciales admises en France est-elle intégrée, et qui la met à jour ?
- Le système imprime-t-il la sous-zone en abrégé pour les professionnels et en clair pour le préemballé ?
- Comment la traçabilité est-elle envoyée au client aujourd'hui, et comment le sera-t-elle quand les normes seront publiées ?
- Les balances et imprimantes sont-elles fournies et maintenues par le même éditeur ?
- Le logiciel est-il disponible en français, pour le bureau comme pour l'atelier ?
- Se connecte-t-il à votre logiciel de comptabilité ?
- Qui vous aide, et à quelle heure, quand l'étiqueteuse tombe en panne un lundi à 4 heures du matin ?
Faites-vous ensuite montrer le système avec vos propres espèces et vos propres étiquettes, pas avec un exemple préparé.
Et Aquarius Pro ?
Aquarius Pro est notre logiciel pour la transformation et le négoce des produits de la mer. Nous sommes une entreprise britannique et nos clients sont aujourd'hui surtout au Royaume-Uni. Aquarius imprime des étiquettes avec code-barres portant l'espèce, la zone de capture, le code FAO, le numéro de lot et la date limite, et le scan de ces étiquettes retrouve les informations de traçabilité du lot. L'expédition se fait au scanner, et les bons de livraison et les factures sont générés automatiquement. Nous fournissons aussi les balances homologuées, les imprimantes et les scanners, et le logiciel est disponible en 15 langues, dont le français. Si vous travaillez en France, posez-nous les mêmes dix questions : nous vous dirons franchement ce qui est prêt pour vos obligations françaises et ce qui ne l'est pas. Pour en parler, contactez-nous.
Réponses rapides
Un courriel suffit-il vraiment pour transmettre la traçabilité ? Pour l'instant, oui : selon le ministère, en attendant des normes détaillées, la transmission prend la forme d'un courriel, avec les informations dans le message ou dans un PDF joint. Ces consignes doivent évoluer.
Qui est concerné ? Les opérateurs de la filière aval : mareyeurs, grossistes, distributeurs, entre autres. La révision fait aussi entrer les produits importés et transformés dans le périmètre de la traçabilité.
Faut-il écrire la sous-zone en toutes lettres ? Sur un produit préemballé, oui, en termes compréhensibles pour le consommateur. Entre professionnels, l'abréviation est admise si vous expliquez clairement les abréviations à votre client.
Le numéro de lot doit-il figurer dans le courriel ? Oui, c'est la première des informations minimales de la liste du ministère.
Ceci est un résumé pratique, pas un avis juridique. Les règles et les consignes de transmission évoluent : vérifiez la version en vigueur auprès des sources ci-dessous.
Sources
- Ministère chargé de la mer, Traçabilité des produits de la pêche et de la mer (mis à jour le 20 mars 2026)
- DGCCRF, Étiquetage des produits de la mer et d'eau douce : les règles à connaître (7 mai 2025)
- Règlement (UE) 2023/2842 modifiant le règlement de contrôle des pêches (EUR-Lex)
- Règlement (CE) n° 1224/2009, article 58 (EUR-Lex)
- Règlement (UE) n° 1379/2013, articles 35 et 38 (EUR-Lex)

